Les problèmes rencontrés.

Retard de la marche, plagiocéphalie, torticolis, bébé bloqué assis, déplacement sur les fesses…

La plupart des enfants parviennent à la marche en passant par toutes les étapes quelles que soient les attitudes adoptées avec eux. D’autres le font plus difficilement, sans qu’il y ait pour autant une pathologie, on parle alors de problèmes transitoires. Il est toujours important de les repérer, d’abord pour surveiller de près l’enfant et éliminer une éventuelle pathologie, mais aussi pour mettre en place un accompagnement adapté qui permettra au petit de se déplacer au sol et de ne pas s’installer dans de mauvaises habitudes.

Les difficultés peuvent se manifester dès les premières semaines de la vie. Parfois, elles apparaissent un peu plus tard. On dit alors : «il a du retard», «il n’a pas le déclic», «il n’a pas envie», «il est flemmard»… Bien que, dans la très grande majorité des cas, il n’y ait pas lieu de s’alarmer, cela doit toujours interpeller : «un bébé, ça bouge !».

Lors des visites chez le pédiatre, n’hésitez pas à lui faire part de vos inquiétudes ou de vos doutes. Ce site vous aidera à mieux les préciser et les exprimer.

Il n’est pas toujours évident de trouver l’origine de ces «grains de sable dans le rouage» qui peuvent gêner considérablement le bébé

Les conseils proposés sur ce site mais aussi la consultation quotidienne du livre «De la naissance aux premiers pas» suffiront la plupart du temps pour permettre au bébé de franchir correctement toutes les étapes. Il peut s’avérer cependant utile d’entreprendre une rééducation auprès d’un kinésithérapeute ou d’un psychomotricien qui guidera les parents d’une manière plus précise.

Si le bébé se trouve dans une situation «à risque» (grande prématurité, souffrance néo natale, grossesse difficile, etc…) il est indispensable de le surveiller et d’entreprendre un suivi par un rééducateur spécialisé pour mettre en place très tôt un accompagnement personnalisé.

Vous pouvez observer :

  • Il a un torticolis, la tête est toujours tournée du même côté, elle est parfois déformée et plate : plagiocéphalie
  • Hypotonie : le bébé est «tout mou», semble ne pas avoir de force, ne tient pas bien sa tête ou son dos, ou/et il est très (trop) calme
  • Hypertonie :
    • Lorsqu’il est sur le dos, le bébé se « cambre », la tête est renversée en arrière
    • le bébé est «raide», ses muscles sont «durs».
  • Lorsqu’il est sur le ventre, il ne pose pas ses bras sur le sol, lève ses jambes, n’est pas à l’aise
    Agitation excessive : posé sur le tapis, le bébé est toujours en mouvement, ou alors il veut toujours sauter sur ses jambes lorsqu’il est dans vos bras.
  • Il reste bloqué assis sur le tapis
  • Il se déplace sur les fesses
  • Il est sur le point de marcher mais ne «veut» pas lâcher la main de l’adulte
  • Il tombe et ne sait pas se protéger
  • Il est «en retard»
  • Il marche sur la pointe des pieds

Les pathologies ou handicaps

Si dans la très grande majorité des cas, les problèmes constatés dans les premiers mois s’estompent, certains enfants présentent des anomalies dans leur développement moteur révélatrices d’une pathologie. Celle-ci peut entraîner une déficience purement motrice, une déficience intellectuelle, des troubles du comportement ou des troubles associés.

Dans certains cas, la maladie est identifiée dès la naissance (par exemple des séquelles de prématurité) et la prise en charge peut alors être très précoce. Mais il faut parfois attendre de longs mois avant que l’on reconnaisse qu’il existe un problème sérieux. Une difficulté dans l’organisation motrice doit toujours alerter. Associée à une passivité, un manque d’intérêt pour l’environnement, un  éveil décalé par rapport aux enfants du même âge, elle peut être l’expression d’un handicap dont il convient alors de faire le diagnostic, quand c’est possible. L’observation de la construction de la motricité devrait permettre de déceler au plus tôt ces anomalies afin de les prendre en soin dès les premiers mois. Il ne faut pas hésiter à faire part au pédiatre des inquiétudes ou des doutes.

Les conseils d’accompagnement sont toujours les mêmes et encore plus importants pour ces enfants déjà suffisamment pénalisés par leur pathologie. Dans tous les cas, quel que soit le handicap, il est primordial de donner au tout petit la possibilité de découvrir  les étapes, les unes après les autres, grâce à une stimulation adaptée. Cela prend plus de temps, il faut avoir de la patience, mais il ne faut pas hésiter à laisser l’enfant à plat sur le tapis et le stimuler pour qu’il mette en place la motricité au sol avant d’être verticalisé, afin qu’il puisse utiliser au mieux toutes ses capacités et se déplacer au sol.

Il est cependant évident que, dans le cas d‘un handicap lourd, ne permettant pas au bébé de se déplacer ou de maintenir seul les positions verticales, il est fondamental de lui proposer des installations adaptées pour lui permettre d’être assis ou debout dans de bonnes conditions.

L’accompagnement de la motricité à travers les jeux moteurs, les petits gestes effectués au quotidien, sont des moyens simples, faciles à mettre en pratique, qui aident les parents à entrer en relation avec  leur tout petit.  Ils pourront ainsi suivre, pas à pas, les progrès réalisés et se recentrer sur tout ce que leur petit est capable de faire.

Pour ceux qui pourront marcher, c’est une excellente façon d’engranger des expériences corporelles, sensorielles, cognitives. Pour ceux qui garderont des difficultés motrices, importantes ou pas, la richesse de ces apprentissages ne peut que leur être bénéfique. Les conclusions de toutes les recherches sont unanimes : les corrections apportées précocement donnent les meilleures chances de récupérer le maximum de capacités motrices et globales, dans la limite du handicap, quel qu’il soit.

Comment aider l’enfant dans son apprentissage de la marche

Les adultes imposent parfois au bébé des positions ou mouvements avant qu’il ne soit prêt. La société de consommation propose de multiples gadgets présentés comme indispensables au bon éveil de l’enfant. Si certains sont en effet utiles, il en est d’autres qui, au contraire, risquent de le limiter dans ses découvertes.
La toute première chose est de respecter le rythme de chaque enfant et laisser les différentes étapes s’installer, chacune à leur tour.

Cela est à la portée de tous…il suffit de savoir comment s’y prendre, au quotidien, quelles sont les erreurs à ne pas commettre, comment porter bébé, comment l’installer… prendre plaisir à le regarder évoluer, lui parler, le caresser, le porter, jouer avec lui, faire preuve de bon sens, il ne s’agit pas de trop le stimuler, mais de l’accompagner, et, si cela s’avère nécessaire, mettre en place une rééducation bien ciblée…

Comment aider le bébé à bouger ?

  • Positionner le plus souvent possible le bébé à plat dos, sur un tapis ferme. Il essaiera de lui-même de passer sur le ventre en s’installant d’abord sur le côté.
  • Lorsqu’il est éveillé, le faire rouler du dos sur le ventre, de temps en temps, le laisser quelques instants à plat ventre afin qu’il s’y habitue, et cela, dès la naissance. Le faire systématiquement sur la table à langer.
  • Lui proposer des jeux moteurs pour le plaisir ou pour l’aider s’il est un peu en difficulté.
  • Dès que le bébé sait se déplacer au sol, sur le ventre ou à quatre pattes, le laisser faire ses expériences.
  • Utiliser les actes de la vie quotidienne : Le change, le bain, la manière de porter le bébé permettent de lui faire découvrir naturellement ses capacités motrices.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Laisser le bébé trop longtemps dans le transat ou dans le maxi-cosi.
  • Positionner l’enfant assis  avant qu’il n’ait découvert le plaisir de se déplacer au sol. Il ne faudrait jamais laisser un bébé assis sur le tapis s’il ne sait pas en sortir tout seul.
  • L’encourager à pousser sur ses jambes très tôt. Cela le conduit trop tôt vers la verticalité et peut l’empêcher de découvrir les déplacements au sol.
  • Faire marcher un bébé qui n’est pas prêt.
  • Utiliser le trotteur (youpala).

Importance des retournements et du plat ventre

  • L’enfant doit absolument être à l’aise à plat ventre avant de passer aux étapes suivantes. Le fait de savoir passer du dos sur le ventre lui évite d’être bloqué sur le dos, à l’image de la tortue figée dans sa carapace… C’est aussi cette position qui va fortifier les muscles de son cou, de son dos, de ses épaules et de ses bras et le préparer à se protéger. Il est très important de contrôler que cette étape soit confortable.


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